Insécurité en Haïti

La Russie et la Chine optent pour la prudence sur le déploiement d’une force kenyane en Haïti

Publier le : 03 Octobre 2023 à 13:58

À la demande des États-Unis, la force multinationale du Kenya a été autorisée à fouler le sol haïtien suite à l’adoption, hier lundi, de la résolution 2699 par le Conseil des Nations Unies. Massivement, 13 pays ont voté pour le déploiement d’une force étrangère sur le terrain, contre deux abstentions : la Russie et la Chine.

La question du déploiement militaire en Haïti a été au cœur des débats à l’ONU hier, où une résolution autorisant une intervention militaire a été mise au vote. Le résultat du vote a cependant été marqué par l’abstention de la Russie et l’appel à la prudence de la Chine.

Le représentant de la Russie, Vassily Nebenzia, a expliqué son choix en soulignant que la planification et la préparation de cette mission restaient floues. Cette déclaration reflète les inquiétudes de la Russie quant à la clarté des objectifs et des méthodes à employer dans le cadre de cette intervention en Haïti. L’abstention de la Russie suggère un désir de voir plus de clarté sur les détails de cette mission avant de lui donner son plein soutien.

D’autre part, le représentant de la Chine, Zhang Jun, a exprimé la nécessité pour l’ONU d’être prudente dans sa décision de déployer des troupes en Haïti. Zhang Jun a rappelé les abus qui ont eu lieu dans le passé lors des interventions militaires de l’ONU, et a souligné l’importance de s’assurer que cette fois-ci tout se fasse en accord avec le peuple haïtien. Cette prise de position chinoise souligne l’importance d’impliquer la population locale dans la prise de décision et la mise en œuvre de la mission.

L’abstention de la Russie et l’appel à la prudence de la Chine soulignent les préoccupations internationales concernant la situation en Haïti et la nécessité d’une approche réfléchie et transparente pour toute intervention militaire. Cette résolution continuera d’être examinée de près par la communauté internationale au fur et à mesure que les discussions sur sa mise en œuvre se poursuivront.

Le Kenya, selon le Chancelier dominicain Roberto Alvarez à Diario Libre, serait disposé à envoyer ses premiers soldats en Haïti dès le débuts du mois de novembre. Rappelons qu’auparavant une délégation de ce pays d’Afrique de l’Est, fin Août 2023, avait décliné toutes idées d’affronter les gangs armés suite à une évaluation de la situations sur terrain.

La mission kenyane, supportée majoritairement par des pays comme les États-Unis, la Guyane, la Jamaïque, le Brésil, l’Argentine ou encore la République dominicaine, viendra supporter la Police Nationale d’Haïti (PNH) déjà présent dans les artères de la capitale Port-au-Prince, et dans les villes de provinces.

La résolution 2699 condamne « l’augmentation de la violence, des activités criminelles et des abus et violations des droits de l’homme qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité d’ Haïti et de la région, notamment les enlèvements, les violences sexuelles et basées sur le genre, la traite des êtres humains et la traite des migrants, les homicides, les exécutions extrajudiciaires. , ainsi que le trafic d’armes.

Durant un an, et suivi d’une évaluation de 9 mois, la force contribuera à renforcer les capacités de la PNH « en planifiant et en menant des opérations conjointes de soutien à la sécurité tout en travaillant à contrer les gangs, particulièrement dans le département de l’Ouest, et à améliorer les conditions de sécurité de la population en Haïti ».

La force contribuera également à protéger « les sites d’infrastructures et les points de transit cruciaux tels que l’aéroport, les ports maritimes et les carrefours clés », des puissants gangs qui contrôlent des principales autoroutes reliant la capitale au grand Nord et et grand Sud, perturbant ainsi le transport de nourriture et d’autres marchandises.

L’approbation du Conseil de sécurité autorisera la force à “adopter des mesures temporaires urgentes à titre exceptionnel” pour éviter des pertes de vies humaines et aider la police à maintenir la sécurité publique.

Areanews Media

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