Banditisme

Michel Martelly, Raynold Deeb et Youri Latortue sont impliqués dans cas de banditisme, rapporte l’ONU

Publier le : 19 Octobre 2023 à 12:06

Le groupe d’experts créé par la résolution 2653 en 2022 par le Conseil de sécurité des Nations unies, a indexé dans un rapport de 158 pages plusieurs personnalités ayant des liens étroits avec des groupes de gangs armés et sont passibles de graves sanctions.

Ainsi dans la rubrique “Financement des gangs et liens entre les acteurs politiques et économiques et les gangs”, les experts disent avoir des preuves selon lesquelles Reynold Deeb, Directeur général du Groupe Deka, un important importateur de biens de consommation, qui fait l’objet de sanctions par un État Membre, finance des membres de gangs pour protéger son entreprise et assurer le transport des marchandises qu’il importe.

« En 2017, M. Deeb a payé un chef de gang afin de pouvoir mener ses activités dans l’un des principaux ports. Plus récemment, d’après plusieurs sources indépendantes, M. Deeb a utilisé des membres de gangs pour faire pression sur certains douaniers du port afin que ses conteneurs ne soient ni inspectés ni interceptés, ce qui lui a permis d’éviter certains droits d’importation. Enfin, comme le G9 contrôle la zone autour du port de l’Autorité portuaire nationale et les routes qui y mènent, M. Deeb, comme d’autres grands importateurs, paie les gangs pour que sa marchandise passe par leur territoire », ont fait savoir les Nations Unies.

L’ex président de 2011 à 2016, Michel Martelly, quant à lui, s’est servi des gangs pour étendre son influence dans les quartiers afin de faire avancer son agenda politique, contribuant ainsi à un héritage d’insécurité dont les effets se font encore sentir.

« Aujourd’hui le Groupe d’experts a reçu des informations selon lesquelles, pendant son mandat, M. Martelly a financé plusieurs gangs, tels que Base 257, qu’il a créé selon des informations, Village de Dieu, Ti Bois et Grand Ravine, notamment en leur fournissant des fonds ou des armes à feu. »

« Martelly est également passé par des intermédiaires, notamment des fondations ou des membres de sa garde
rapprochée, pour établir des relations et négocier avec d’autres gangs. Ainsi, Arnel Joseph, l’ancien chef du gang de Village de Dieu, a déclaré qu’il s’entretenait régulièrement avec un intermédiaire travaillant dans l’unité de protection rapprochée de M. Martelly, ajoutant que cet intermédiaire lui donnait des armes à feu et d’importantes sommes d’argent. Dans une vidéo, Ti Lapli, l’un des chefs actuels de Gran Ravin, explique que l’ancien Président a remis à Tet Kale, un ancien chef de Gran Ravin, un fusil Galil 5,56 mm appartenant à la police et un fusil de même type à Chrisla, chef du gang Ti Bois. Après l’assassinat de Tet Kale, Ti Lapli a récupéré l’arme », lit-on dans la page 21 du rapport de l’ONU

En ce qui concerne Youri Latortue, originaire des Gonaïves, ancien Président du Sénat de 2017 à 2018, il exerce un contrôle considérable sur la vie politique et économique du département de l’Artibonite, notamment par le recours à des gangs, comme Raboteau, qu’il finance et arme. Plus récemment, des sources confidentielles ont dit au Groupe d’experts que M. Latortue avait également financé le gang Kokorat Sans Ras, un groupe extrêmement violent du département de l’Artibonite, en collusion avec Raboteau. M. Latortue a eu recours à des gangs pour assurer sa protection rapprochée.

Normalement, plusieurs autres personnalités politiques et économiques ont été citées dans ce rapport grâce à leurs connivences avec des gangs armés dans le pays. La liste des sanctions qui devrait être publiée au cours du mois de novembre 2023 comprendra des personnes de toutes les couches sociales du pays.

« L’influence des politiciens et des acteurs financiers sur les activités des gangs est de nature systémique. Les politiciens et les élites économiques qui souhaitent obtenir des votes ou protéger leurs biens paient généralement les gangs en nature ou en espèce, une pratique qui a progressivement enrichi les gangs et leur a donné plus de pouvoir », détaille le rapport de 158 pages de l’ONU.

Rosana Pooshy
Areanews Media

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